l’Association

S’il peut m’être utile, je consens à m’entendre, à m’associer avec lui pour que cet accord augmente ma force, pour que nos puissances réunies produisent plus que l’une d’elles ne pourrait faire isolément. Mais je ne vois dans cette réunion rien d’autre qu’une augmentation de ma force et je ne la conserve que tant qu’elle est ma force multipliée. Dans ce sens-là, elle est une Association. » (…) « Ce n’est que dans l’Association que votre unicité peut s’affirmer parce que l’Association ne vous possède pas, mais que vous la possédez et que vous vous servez d’elle.  »

Max Stirner (1806-1856)
L’Unique et sa propriété, 1844.

J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes

Le moyen dont se sert la nature pour mener à bien le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, pour autant que celui-ci se révèle être cependant, en fin de compte, la cause d’un ordre légal de cette société.
J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur penchant à entrer en société, penchant lié toutefois à une répulsion générale à le faire, qui menace constamment de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L’homme possède une inclination à s’associer parce que, dans un tel état, il se sent davantage homme, c’est-à-dire qu’il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s’isoler) : en effet il trouve en même temps en lui ce caractère insociable qui le pousse à vouloir tout régler à sa guise ; par suite il s’attend à rencontrer des résistances de tous côtés, de même qu’il se sait lui-même enclin de son côté à résister aux autres.

Or, c’est cette résistance qui éveille toutes les forces de l’homme (…)

Emmauel Kant (1724-1804)
Quatrième Proposition. Idée d'une histoire universelle 
au point de vue cosmopolitique, 1784 .