J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes

Le moyen dont se sert la nature pour mener à bien le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, pour autant que celui-ci se révèle être cependant, en fin de compte, la cause d’un ordre légal de cette société.
J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur penchant à entrer en société, penchant lié toutefois à une répulsion générale à le faire, qui menace constamment de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L’homme possède une inclination à s’associer parce que, dans un tel état, il se sent davantage homme, c’est-à-dire qu’il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s’isoler) : en effet il trouve en même temps en lui ce caractère insociable qui le pousse à vouloir tout régler à sa guise ; par suite il s’attend à rencontrer des résistances de tous côtés, de même qu’il se sait lui-même enclin de son côté à résister aux autres.

Or, c’est cette résistance qui éveille toutes les forces de l’homme (…)

Emmauel Kant (1724-1804)
Quatrième Proposition. Idée d'une histoire universelle 
au point de vue cosmopolitique, 1784 .

rythme des saisons

De trop près :
« Ici, pour moi insécurité et guerre signifient : un moins grand confort matériel, une vie plus soumise au rythme des saisons et aux caprices de la nature, un monde où l’on se confronte à nouveau au risque physique de l’affrontement contre l’État mais pas seulement… Aussi contre des personnes avec qui l’on ne parvient pas à établir des rapports de forces qui puissent être ritualisés dans des discussions, ou résolus par des formes de réparations symboliques, des antagonismes profonds qui appellent un affrontement physique. »

Extrait du Troisième dialogue à Notre-Dame-des-Landes
site internet : Zone A Défendre/Tritons crété-e-s contre béton
armé [http://zad.nadir.org/spip.php?article1952]

Théorie esthétique

« Ce qui crisse dans les œuvres d’art, c’est le bruit provoqué par la friction des éléments antagonistes que l’œuvre cherche à concilier. »

Théodor W. Adorno (1903-1969)
Théorie esthétique. traduit par M. Jimenez 
Paris : Klincksieck, 1982. - 348 p