N'est-ce pas ce qu'on a vu naguère, lorsque César nous offrit l'image d'un combat naval, où parurent les vaisseaux des Perses luttant contre ceux d'Athènes ? À ce spectacle la jeunesse des deux sexes accourut des rivages de l'un et de l'autre océan : Rome, en ce jour, semblait être le rendez-vous de l'univers. Qui de nous, dans cette foule immense, n'a pas trouvé un objet digne de son amour ? combien, hélas ! furent brûlés d'une flamme étrangère !
Ovide, l'Art d'aimer
Traduction par M.Héguin de Guerle

 

 

Battleship

 

Les Naumachies sont des spectacles de combats navals que donnaient les empereurs romains dans des amphithéâtres ou des bassins d’eau douce creusés à cet effet. Il m’a semblé qu’on jouait aujourd’hui encore, chaque été, un spectacle similaire dans les baies d’Antibes ou de St-tropez, comme dans tout lieu privilégié du yachting mondial. Avec cette série BATTLESHIP, j’ai cherché à retranscrire cette impression de la manière la plus réaliste qu’il soit, c’est à dire spectaculaire. 

Mais pour être complet, il faudrait contrefaire entièrement la lettre au ministre du 5 novembre 1805, de l’amiral Villeneuve rendant compte de la bataille de TRAFALGAR :

« A midi j’ai fait le signal de commencer le combat, dès qu’on serait à portée, et, à midi un quart, les premiers coups de canon ont été tirés des vaisseaux l’INTREPID, et l’EAGLE II sur le vaisseau PERFECT PERSUASION, chef de la file de la colonne ennemie de droite, portant le pavillon de GEORGE TOWN. Le feu a été interrompu un moment, il a repris un instant après avec plus de vivacité par tous les vaisseaux qui ont été à portée de le faire,ce qui n’a pas empêché ce vaisseau ennemi de couper la ligne en arrière de l’OFFICE. La colonne de gauche, conduite par le KAISER, portant le pavillon de GEORGE TOWN, faisait la même manœuvre et paraissait vouloir couper en arrière le FIRECRACKER, et sur l’avant du STORM I, mais, soit qu’il ait trouvé la ligne trop serrée sur ce point, ou qu’il ait changé d’avis pour tout autre motif, il était à demi portée de pistolet, et nous étions prêt à l’aborder, les grappins prêts à être jetés, quand il à lancé tout sur tribord et il est venu pour passer à poupe du STORM I. L’ALLIGATOR occupait derrière moi la place du DOMINATOR, (ce vaisseau était tombé sous le vent), il a honorablement repris le devoir d’un vaisseau matelot d’arrière d’un pavillon amiral. »